Mercredi 2 juillet 2008

Temps de vacances, pour bien commencer ces deux mois




Temps de travail, pour en finir avec le débat des 35h et enfin s'attaquer aux vrais problèmes du pays

Pour commencer, deux remarques générales sur le sujet:

- concernant la durée du travail, on distingue la durée légale, la durée affichée et la durée effective. La première désigne le seuil au delà duquel sont déclenchées les heures supplémentaires ; la deuxième représente le nombre d'heures prévues dans le contrat de travail ; la troisième correspond à la durée réelle du travail.

- contrairement à une idée reçue et à un préjugé asséné par les prêcheurs néolibéraux, les Français ne sont pas des fainéants qui travailleraient moins que les pays comparables. D'après les données d'Eurostat et de l'OCDE, officines trotskistes s'il en est, la durée effective moyenne du travail en France est de 36,3 heures hebdomadaires. A titre de comparaison, c'est 33h en Grande-Bretagne et 34,7 heures en Allemagne.

- ceci permet de faire le lien entre la réalité des chiffres et la perception de cette réalité. Beaucoup de gens pensent que la France pourrait travailler plus (ce qui est vrai pour les jeunes et les seniors) sans garder à l'esprit que pour ceux qui travaillent, le travail est souvent intense, parfois harassant, toujours massif. Dans ce cadre, comment peut-on juger les politiques de l'emploi qui ont été mises en place par la gauche et la droite ?

La réussite des 35 heures: travailler mieux pour travailler tous

- un progrès social aux conséquences équivoques

    * 
les 35 heures (lois Aubry de 1998 et 2000) correspondent d'abord à un progrès social. Le mouvement historique d'abaissement de la durée du travail est une réponse cohérente aux gains de productivité permis par les nouvelles technologies et l'amélioration de l'organisation du travail, qui trouvent là un aboutissement logique. Quand on fait les trois/huit sur une chaîne automobile, 4 heures de travail en moins, ce n'est pas négligeable. Quand on est cadre, 4 heures pour avoir du temps libre, c'est appréciable également.

    * bien entendu, la réalité n'est pas univoque. Les implications des 35 heures sont nuancées et ce n'est ni l'épouvantail brandi par quelques droitiers en mal de simplisme (l'enlèvement d'Ingrid Betancourt ? C'est la faute des 35 heures ! ;), ni la panacée que d'autres voudraient y voir alors que c'est une réforme dont la méthode aurait pu être améliorée. Pour autant, elles ont notamment permis aux gens de mieux s'organiser pour leurs congés (les RTT), en permettant une réorganisation favorable au choisi plutôt qu'au subi. Cependant, les catégories sociales en ont été diversement bénéficiaires: si les cadres en sont satisfaits à plus de 75%, les employés et les ouvriers en ont une perception moins positive. Dans certains cas, les 35 heures ont été synonymes de plus de flexibilité imposée, de tassement de l'échelle des salaires et en définitive, du même travail en 35 heures que ce qui était fait auparavant en 39 heures.

- des conséquences économiques contrastées mais globalement positives

    * prenons d'abord les arguments de ses détracteurs. Les 35 heures auraient selon eux plombé la compétitivité de l'économie française. Il est indéniable qu'elles ont renchéri le coût du travail mais 1) la France ne réussira pas dans la mondialisation grâce à une illusoire et dangereuse concurrence par les prix (même avec du dumping social, que peut la France face à l'Inde ???) mais par la qualité de ses produits (investissement dans les secteurs à haute valeur ajoutée, recherche-développement...) et 2) la mise en place des 35 h correspond au record de créations d'emploi en France depuis la fin des années 1960 (deux millions d'emplois entre 1997 et 2002, meilleure performance depuis 1969 lors de l'année 1998 avec 300 000 emplois crées dans le seul secteur marchand). Les 35 heures n'ont pas non plus pénalisé la croissance car au moment de leur entrée en application, les performances françaises en la matière étaient supérieures à la moyenne européenne, ce qui n'a été le cas ni avant ni depuis. Bien au contraire, avec l'annualisation du temps de travail, elles ont permis aux entreprises de mieux s'adapter aux fluctuations de la conjoncture en ajustant leur demande de main d'oeuvre selon les besoins. Elles ont en outre été compensées par des allègements de charge massifs visant à rendre soutenable la réforme pour les finances des entreprises.

    * fondamentalement, les effets sont plutôt à analyser en termes de gains pour la collectivité. Gains en termes de chômage d'abord: 350 000 créations nettes d'emploi (étude de la DARES qui correspond à la moyenne des estimations). Gains en termes de productivité ensuite: elle s'est accrue au bénéfice des entreprises passées aux 35h de 5% en moyenne. Gains en termes de dialogue social en outre: le passage aux 35h a donné lieu à de nombreuses négociations dans les entreprises, renforçant le rôle des syndicats de salariés dans le dialogue social et contraignant les chefs d'entreprise à la discussion et au compromis. Gains en termes de choix de société enfin: si le travail est un outil de libération, d'ascencion sociale et de reconnaissance du mérite, c'est aussi souvent un levier d'asservissement. Penser que quelques heures de plus peuvent être consacrées au développement personnel ou à ses proches sans que l'individu ne soit uniquement considéré comme un objet économique, c'est aussi réfléchir aux modes d'organisation du travail, en faisant en sorte que le bien-être fasse partie, pour le plus grand profit de l'entreprise d'ailleurs, des valeurs qui permettent aux gens de mieux vivre. Plus généralement, pendant les heures non travaillées, ceux qui en ont les moyens consomment, profitent de leurs loisirs... ce qui contribue à l'activité du pays et dynamise de ce fait les secteurs économiques concernés. Comment expliquer alors la virulence des attaques contre cette mesure ?



--) La violence du débat s'explique largement par le fait qu'il cristallise l'apogée d'une lutte idéologique. En dépit des études économiques, de l'OFCE notamment, qui montrent le contraire (une réduction du temps de travail crée de l'emploi en période de croissance mais peut être néfaste en bas de cycle), on nous serine régulièrement que non, le travail n'est pas un gâteau que l'on pourrait partager en déshabillant Pierre pour habiller Paul. Certes, c'est l'emploi qui appelle l'emploi et un raisonnement statique ne correspond pas à la réalité dynamique de l'économie. Mais quand plus de gens sont au travail, cela ne signifie-t-il pas qu'il existe une pression positive à l'embauche du fait d'une économie en croissance ? Il peut donc bien y avoir un cercle vertueux offre de travail / demande de biens et services au bénéfice des individus comme de la collectivité. En réalité, la seule critique structurante qui vaille selon moi réside dans la stagnation du pouvoir d'achat opérée en contrepartie de la diminution du temps de travail, et ce alors que de nombreux travailleurs souhaitent d'abord voir leur situation matérielle s'améliorer. Face à cela, quelle réponse de la droite ?




L'inanité de la loi TEPA: travailler plus pour gagner plus

- la tromperie érigée en art de gouvernement

    *
un slogan faussement simple pour une vraie arnaque. Le postulat du slogan sarkozien réside dans le fait que les gens qui voudraient travailler plus ne peuvent pas le faire. Premier mensonge: les 35 h étaient assorties d'un contingent d'heures supplémentaires permettant d'accroître la durée du travail en cas de nécessité. Or, ce plafond (réhaussé par les réformes des gouvernements Raffarin et Villepin) n'était pas atteint en 2007, ce qui montre que la situation d'alors couvrait les besoins. Deuxième mensonge: ce slogan simpliste laisse penser que le salarié peut choisir à sa guise la durée de son travail. Or, c'est le chef d'entreprise qui a ce pouvoir et qui peut, selon les besoins des carnets de commande, juger bon de proposer ou d'imposer à ses employés des heures supplémentaires. Troisième mensonge: ce leitmotiv détourne le débat du réel enjeu: le pouvoir d'achat. Pour gagner plus, on ne pourrait donc que travailler plus ? Quid des augmentations de salaire par la négociation ? Quid de la hausse de la prime pour l'emploi ? Non content de rendre plus décentes les conditions de vie des personnes qui en bénéficieraient, de telles mesures seraient également positives économiquement en tant qu'elles concerneraient des populations dont la propension marginale à consommer est élevée, ce qui permet de soutenir l'activité en ces temps de croissance molle.

    * point culminant de la tromperie: le raisonnement en termes de coût et de communication. De coût en premier lieu: la loi TEPA se veut une réponse au coût jugé prohibitif des 35h pour les finances publiques. Certes, elles coûtent cher: 15 milliards d'euros par an. Mais la défiscalisation des heures supplémentaires, contestée en tant qu'elle favorise un effet d'aubaine sans avoir de conséquences massives ni en termes d'emploi ni en termes de pouvoir d'achat, coûte environ 7 milliards d'euros, sans que ces effets ne soient reconnus. De communication en second lieu: en faisant des 35 h la cause de tous les maux, le gouvernement s'exonère de sa propre responsabilité dans les piètres performances actuelles de la France. Il est vrai que le contexte interanational est pénalisant, mais pourquoi faisons-nous moins bien que les autres quand en période de croissance, nous faisions sensiblement mieux que les pays comparables ? A vouloir faire des 35h le bouc émissaire des difficultés du pays, non seulement le pouvoir actuel trompe les gens sur la réalité mais surtout, il décrédibilise le volontarisme politique en démontrant que malgré son activisme, il ne parvient pas à améliorer la situation.

- des mesures inefficaces et injustes

   
* on savait la droite injuste, elle démontre combien elle sait en plus être inefficace. C'est indéniable: la baisse du chômage qui nous est annoncée depuis trois ans ne résulte malheureusement pas d'un regain d'activité qui serait favorable en termes de taux d'emploi. Avec le départ à la retraite de la génération du baby boom et l'arrivée de jeunes en nombre moindre que les seniors partants, le solde est nécessairement favorable à une décrue globale du taux de chômage. Il n'y a pas besoin d'être un matheux des plus doués pour comprendre que si moins de personnes sont sur le marché du travail, le taux de chômage peut alors baisser sans que le nombre de créations d'emplois ne s'en trouve amélioré. Si on ajoute également les radiations des listes de l'ANPE, la décrue est tout de suite relativisée. Par ailleurs, les mesures de la loi TEPA vont à l'encontre d'une lutte contre le chômage puisque les entreprises sont incitées non pas à embaucher mais à augmenter le nombre d'heures de ceux qui ont déjà la chance d'avoir un emploi. Non seulement le résultat est peu probant pour ces derniers mais surtout, le message est schématiquement: on aide ceux qui sont déjà moins dans la merde que ceux qu'on n'aide pas. Economiquement, il n'est pas rationnel de creuser un peu plus la dette (que le ministre du Budget Sarkozy avait fait exploser sous le gouverement Balladur quand la mandature Jospin a permis une stabilisation du ratio dette/PIB) pour financer une mesure qui n'aura d'effet économique qu'à la marge, au prix d'un coût excessif et hors de propos quand on supprime des emplois publics dans des secteurs où ils font bien besoin.

    * Non contente de faire culminer son inefficacité, la droite renforce sa traditionnelle inéquité. En effet, on nous dit que le paquet fiscal n'est pas fait pour les plus favorisés. Soyons justes: certaines mesures, par exemple le crédit impôt-recherche, vont dans le bon sens. Mais que pèsent les 30 millions d'euros consacrés à la défiscalisation du travail étudiant dans la limite de trois SMIC face au cumul bouclier fiscal à 50% et baisse de l'ISF qui coûtent à la collectivité 1,3 milliards d'euros, soit 20 fois plus ? On voit donc que les priorités sont claires, encore pourraient-elles être assumées. Tant qu'à faire une politique de caste, autant l'afficher. Mais ce bon peuple n'est pas assez crédule, il verrait bien que les cache-misères sociaux pèsent si peu face à la casse systématique des outils de redistribution et de solidarité nationale...



--) Et maintenant, que peut-on faire ? Une gauche au pouvoir devrait abroger celles des mesures de la loi TEPA qui sont iniques. Trois pistes d'action sont envisageables: 1) Réunir une grande conférence sur les salaires, une sorte de Grenelle du pouvoir d'achat, où l'Etat pèserait et inciterait les partenaires sociaux à se mettre d'accord sur une amélioration de la rémunération des travailleurs. 2) Penser global: la croissance à long terme ne s'obtiendra que par une priorité bugétaire donnée aux dépenses d'avenir (recherche et enseignement supérieur). La consolidation des infrastructures françaises, atout majeur dans la mondialisation, passe également par un renouveau de l'intervention publique qui doit rester massive tout en s'efforçant d'être ciblée pour une meilleure efficacité. 3) A plus court terme, pour aider au financement de ces mesures, il faudrait concrétiser une réforme d'ampleur de la fiscalité à montant de prélèvements obligatoires constant: remise en cause des cadeaux fiscaux aux plus riches (droits de succession, remise sur l'impôt sur le revenu et l'ISF, entre autres), avec en parallèle une action volontariste contre la fraude fiscale (40 milliards d'euros par an !!!) et une amélioration des modalités de l'imposition du revenu (fusion IR/CSG) qui améliorerait le taux d'intervention et permettrait de taxer plus équitablement les revenus, en opérant un transfert du capital vers le travail et non pas l'inverse comme c'est le cas aujourd'hui. Croyez-moi, sur des bases d'efficacité économique et de justice sociale: ensemble, tout devient possible !

Par Grutman
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Dimanche 15 juin 2008

Pour que tout le monde s'y retrouve, j'inaugure la formule qui sera celle de l'été: un article = des photos + un sujet. Aujourd'hui, l'été sera chaud = fiestas parisiennes + la laïcité

Tofs:







La laïcité...

Par quoi commencer ? Par le basique: je suis un laïc, c'est une valeur fondamentale de la République, une base du vivre ensemble.

Ensuite, pour en arriver là où je veux en venir, je voudrais citer un historien et sociologue, Emile Poulat, directeur d'études à l'EHESS, qui réagissait à la décision d'un maire de l'Isère de renoncer à réserver la piscine municipale aux femmes à certains horaires (Le Monde du 27 juin 2008):

" * Les affaires de mixité dans les lieux publics relancent le débat sur la laïcité. Ces pratiques constituent-elles selon vous des atteintes au principe de laïcité ?

* J'aimerais que ceux qui voient là une violation de la laïcité me disent à quel texte ils font référence. La mixité dans notre pays n'a pas été créée au nom de la laïcité. C'est un phénomène récent et jusque là, même les laïcs les plus convaincus ne considéraient pas les écoles non mixtes de garçons et de filles comme une atteinte à la laïcité. Vouloir de la mixité partout correspond à une évolution des moeurs et de la conscience sociale. Sauf à tenir un discours militant, il n'y a guère de raisons d'invoquer dans ces cas ce grand principe. Et quant aux accusations de communautarisme, elles me paraissent surtout une manière de stigmatiser l'Islam. Je voudrais que l'on mette autant d'énergie à établir véritablement l'égalité hommes-femmes dans notre société qu'à pointer du doigt le communautarisme.

* Quelles sont alors, selon vous, les réelles violations de la laïcité ?

* Lorsque la liberté de conscience est bafouée, la laïcité est violée. C'est l'un des principes premiers de la laïcité. Quant au débat sur le financement des lieux de culte, on est en plein confusion entre les principes et la pratique. Aujourd'hui, les élus trouvent mille et une manières pour aider à la construction et à l'entretien de lieux de culte.

* La justice, certains élus et une partie de l'opinion publique montrent une grande vigilance sur ces questions et condamnent les revendications identitaires.

* Beaucoup de décisions judiciaires et administratives vont effectivement dans ce sens. Cela s'explique en partie par l'inculture sur les questions de culte et de religion. En outre, la société apparaît de plus en plus intolérante à la différence. Il est vrai que face à de telles revendications, on ne peut pas faire l'économie de notre héritage historique et laïc. Mais, aussi regrettables et passéistes peuvent-elles être, les questions de non mixité ne troublent pas la laïcité"

Je ne partage pas toutes les affirmations de ce professeur, mais j'en partage l'esprit. Précisément, plusieurs remarques:

- tout d'abord, la loi de 1905 est un texte fondateur du pacte républicain, un texte d'apaisement on ne peut plus actuel, de conciliation entre la liberté et la laïcité, qui ne doit pas être modifié car il convient parfaitement à notre société contemporaine. Tous ceux qui parlent aujourd'hui de le réformer soit veulent en détourner l'esprit, soit prennent la solution pour le problème. A l'époque de Briand, contre les clercs qui y voyaient une trahison de la fille aînée de l'Eglise, et contre les intégristes laïcs qui bouffaient du curé matin, midi et soir, ce texte a permis dans un souci de concorde de garantir à chacun la liberté de conscience en faisant de l'espace public un espace neutre où le prosélytisme ne saurait avoir sa place. Ces idées sont plus que jamais d'actualité. Le texte de 1905 est donc à défendre, à faire connaître (les baux emphythéotiques...) et à respecter plutôt qu'à réformer.

- ensuite, la laïcité est souvent utilisée à des fins politiques, voire politiciennes. En effet, ceux que j'appelerai les laïcards, avec la connotation péjorative que j'y mets, agitent le drapeau de leur ignorance à chaque fois qu'un fait divers (un imam illuminé...) vient donner de l'eau à leur moulin. Libre à chacun, dans sa vie personnelle, d'être contre les croyances et de penser que les religions sont une absurdité. Mais utiliser des arguments de ce type dans le débat politique revient à la fois à légitimer par l'extrémisme ceux que l'on prétend combattre et surtout, à rater la cible, la vraie question, à savoir le vivre ensemble. Derrière le paravent de la laïcité, se cache chez certains cette injonction: renie qui tu es, abandonne ta culture d'un autre temps, et tu pourras (peut-être...) être considéré comme Français. Eh bien non: être Français, c'est respecter les lois de la République, jouir des droits qu'elle confère à ses citoyens et, pour certains, se sentir partager un destin commun. Ni plus, ni moins. Ce n'est sûrement pas s'assimiler à une normalité inventée, une normativité construite, qui enjoint quiconque ne s'y moulerait pas au bannissement des laïcards à la Philippe Val. Dans le "combat" entre les laïcs et les cléricaux, je serai toujours du côté des premiers. Mais les dérives des uns valent bien celle des autres.

- enfin, il y a un problème spécifique avec l'une des religions, l'Islam, qui tient pour partie à la pratique de ses fidèles et pour beaucoup à la perception du reste de la communauté nationale. C'est vrai que certaines pratiques, qui tiennent au culturel et qu'il ne faut pas essentialiser, posent problème. Mais fondamentalement, même si ces problèmes n'existaient pas, je reste persuadé que la question de fond reste la même: pour certains, être musulman, c'est être inassimilable. Pour un article sur les mariages forcés, combien d'articles sur Saint-Nicolas du Chardonnet ou sur les paroles inadmissibles de certains allumés du CRIF ? Les musulmans n'ont pas le monopole de la connerie religieuse, ni de la connerie tout court d'ailleurs. Une "défocalisation" systématique permettrait peut-être à ceux qui se sentent stigmatisés de l'être un peu moins. Tariq Abdul-Wahad, Maurice Béjart et Franck Ribéry sont-ils de moins bons Français car ils se sont convertis à l'Islam ? Quand la banalisation du ressenti aura succédé à l'exceptionnalité de la perception, alors on pourra dire qu'il n'y a plus deux poids deux mesures. Ces plusieurs millions sont là, que ceux que ça chagrine s'y résolvent: ils sont aussi le passé, le présent et l'avenir de la France.

Par Grutman
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Vendredi 23 mai 2008

* D'abord des photos...

Là où on fait yoga...

 







* Et puis à partir de cette poésie prise en photo à Sciences Po, quelques réflexions d'actu.

- sur le PS et la "guerre" Royal-Delanoë. Le strauss-kahnien que je reste est partisan résolu de la présidente de Poitou-Charentes pour trois raisons:

1) Delanoë, comme l'était Royal en 2007, est le candidat de Nicolas Sarkozy. Il est celui qui me paraît le plus aisément battable alors que Royal a gagné en consistance et en cohérence depuis les dernières élections.

2) Ce serait quand même bien qu'après un procès en incompétence injustifié, quoi qu'on pense (j'ai pu être sceptique moi-même) de la démocratie participative et de l'ordre juste, elle ait l'opportunité de battre le candidat de droite. Ce serait faire triompher le symbole d'une femme dans un pays et un monde politique d'une consanguinité et d'une mysoginie indécrottables.

3) Les deux s'accordent sur l'essentiel. Même si Delanoë est un excellent gestionnaire, un homme intègre et de conviction, je préfère la parole de Royal qui parle plus aux non parisianistes et qui, je pense, aurait plus d'écho dans un costume de présidente. Delanoë, comme DSK d'ailleurs, ferait plutôt un excellent premier ministre. Quoique, ces dernières déclarations sur le libéralisme de la gauche sont ambiguës. Bien sûr que la gauche, c'est le libéralisme politique et qu'en économie, le protectionnisme est une idée plus conservatrice que progressiste. Pour autant, jamais les recettes libérales n'ont été aussi dangereuses et discréditées qu'aujourd'hui, le besoin étant au contraire à la régulation, à l'intervention de la puissance publique et à la nécessité de concilier l'efficacité économique avec la justice sociale.

En résumé, surtout ne pas se faire avoir pas les effets de mode sondagiers. Même avec un bon candidat, assis sur un bilan critiquable mais que je considère comme le meilleur depuis les débuts de la Vème République, la gauche a perdu dès le premier tour en 2002, devancée par l'extrême droite. Faire un bilan critique des forces et faiblesses de Royal, oui. Saborder une popularité et l'espérance du changement pour un incertain qui n'a pas encore décidé lui-même de son total engagement (un nouveau Rocard ???), cela me paraît périlleux vu l'état de la gauche.

Malgré tout, textes et photos, CARPE DIEM... Vive le globiboulga !

Par Grutman
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Samedi 10 mai 2008

S'engager, qu'est-ce que c'est ? Soutenir un club de foot ? Voter ? Aider un membre de sa famille ou un ami qui est dans une mauvaise situation ? C'est tout ça à la fois.

Trois engagements de conviction contre
des désengagements et renoncements qui, d'inégale importance, témoignent d'une même logique de fatalisme qui va à l'encontre de convictions en lesquelles, je l'espère, nous sommes nombreux à croire.


* De Gaulle avait raison 

    Et le PS de l'époque avait tort. Quand la France quitte en 1966 le commandement intégré de l'OTAN, c'est le retour à une politique de souveraineté. Pour quoi faire ? Pour être indépendant et avoir un engagement crédible qui fait que la parole de la France, à son échelle de puissance moyenne, se fait entendre différemment dans le choeur des nations occidentales. Face à l'antiaméricanisme primaire du PCF de l'époque et l'atlantisme débridé du reste de la gauche et du centre, l'homme du 18 juin a traduit dans les actes le fait qu'allié n'a pas signifié, ne signifie pas et ne saurait être synonyme d'aligné.

    Aujourd'hui, quelle urgence y'a-t-il à réintégrer le commandement intégré de l'OTAN ? Militairement, la France compte moins que par le passé. Politiquement, elle se rapproche d'une organisation dont le leader est déjugé aux yeux de nombreux pays par les forfaitures dont il se rend coupable (Irak, Palestine et j'en passe). Stratégiquement, la France et l'Union Européenne ne peuvent être écoutés et respectés, représenter un contrepoids sérieux face à l'hyperpuissance, que s'ils agissent d'après leurs intérêts et se comportent selon leurs valeurs. Le suivisme vis-à-vis de Bush ne paie pas, la compromission et l'abandon d'une ambition diplomatique ne font qu'accentuer un mode de gouvernement "couaquesque" et à courte-vue.

    Cette fois, le PS d'aujourd'hui a raison: il est bien plus gaullien que les usurpateurs libéraux-conservateurs qui se réclament du gaullisme. Une relation franche et saine avec les Etats-Unis ne saurait être un lèche-bottisme tempéré par une admiration sans borne pour un mode de vie et une culture qui, respectables et exemplaires à certains égards, ne sont pas les nôtres et ne sauraient le devenir. Même si tout est fait pour américaniser la société française, non dans ce qu'elle a de mieux (les universités, la représentation des "minorités"...) mais dans ses aspects les moins enviables (politique carcérale, diplomatie néocon...), le renoncement est une preuve de lâcheté (que Kosciusko-Morizet a eu raison de pointer sur un tout autre sujet transgénique). Une fois de plus, De Gaulle avait raison. Un désengagement qui, j'espère, sera annulé par un retour en arrière... auquel le gouvernement actuel semble habitué tant il en a fait son mode de gouvernement.



* Rigueur Généralisée Pour le Peuple

    Rendons à César ce qui est à Pierre-Alain Muet: cette formule n'est pas grutmanienne, c'est un député socialiste du Rhône qui en est l'auteur. RGPP... Révision Générale des Politiques Publiques. Mais l'acronyme inventé par le député est encore plus conforme à la réalité.

    Après avoir dilapidé les fonds publics avec le bouclier fiscal et autres dispositifs inefficaces et injustes de la loi TEPA, il s'agit de serrer la vis et d'économiser les deniers partout où c'est possible. Sans entrer dans un débat économique qui montrerait qu'une politique trop rigoriste en situation budgétaire difficile est absurde (c'est quand la situation est confortable qu'il faut mettre de l'argent de côté pour les temps de vache maigre), il faut voir les vrais enjeux que cache ce passage au crible des politiques publiques. Bien sûr, des économies sont possibles. Bien entendu, il faut baisser certains déficits publics. Mais cette manière de s'attaquer à l'Etat, par l'Etat lui-même, est inacceptable. Politique d'économie des bouts de chandelle pour casser ce que des décennies, gauche et droite gaulliste confondues, ont rendu possible de construire. Une idéologie anti Etat qui s'accomode du partage de ses prébendes entre les plus favorisés d'entre nous et qui oblige les moins favorisés à se serrer la ceinture comme jamais quand la vie est de plus en plus chère.

    Face à cela, l'engagement est clair: non au désengagement de la puissance publique. Pour une intervention de l'Etat massive et efficace, redistributive et prospective. Non au déremboursement des frais optiques. Non aux coups de poignards contre la politique familiale nataliste. Non au financement du RSA par un transfert financier prélevé sur la prime pour l'emploi. Non aux attaques répétées contre les budgets de l'Education Nationale et de la Culture qui devraient être sanctuarisés. Finalement, qui en sort bénéficiaire ? Ceux qui n'ont pas besoin de l'action de l'Etat pour que leur situation soit meilleure. Et pendant ce temps-là, ceux qui vivent grâce à l'Etat passe leur temps à lui taper dessus. Engagement contre le désengagement de l'Etat qui, dévalorisant le terme noble de rigueur, fait de l'anti-gaspillage une arme de destruction massive de la solidarité nationale.



* Do you speak eurovision ? 

    Plus anecdotique, quoique... France, two points. La France, deux points. Mais si, vous savez, l'eurovision, ce truc ringard dont tout le monde se fiche et qu'on n'a pas été capable de gagner depuis longtemps... Le candidat Français va chanter en Anglais... So what ?

    Tenir compte de la domination de l'Anglais, c'est du réalisme. Parler de nombreuses langues étrangères et maîtriser la langue anglaise plutôt que baratiner du Franglais, très bien. Aimer de nombreux artistes anglo-saxons comme c'est mon cas et le cas de tout le monde ne signifie pas une capitulation linguistique sur l'autel de saint-English. Les termes sont un peu forts ? Je ne trouve pas. Face à l'appauvrissement mondial des richesses de la langue (voir l'étude du linguiste Claude Hagège sur ce sujet), cet exemple anecdotique de l'eurovision est symptomatique d'une tendance plus générale: abdiquer par facilité et par fatalisme, hein, pfff, à quoi bon. Pourtant, ce n'est ni du nationalisme fermé ni du patriotisme obtus. C'est juste la défense de la diversité et du patrimoine commun. D'autres pays ont gagné en chantant dans une langue qui n'est pas l'Anglais et qui, en plus, est quantitativement  moins parlée que notre patois hexagonal. Le candidat Français devrait donc chanter en Français. What else ?

    Ce n'est pas le combat d'arrière-garde d'un académicien grisonnant en manque d'indignation sélective. La diversité linguistique est une richesse, elle se défend. Comme les Québecois, les Romands, les Walons et les Francophones du monde entier, on doit défendre notre langue comme marque d'une culture propre et d'une singularité à préserver dans un monde aux identités mouvantes. Contre le repli sur soi face à l'acceptation d'une hégémonie subie, la défense du Français c'est aussi un peu la volonté de témoigner des spécificités de chacun. "Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m'enrichis", Saint-Exupéry. Engagé contre le désengagement et le fait d'abdiquer devant la pusillanimité du bling-bling ambiant. Mince, un anglicisme ;-) !

Par Grutman
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Dimanche 27 avril 2008

 




 

 





Après les images, le texte. J'ai décidé d'écrire sur un événement qui a fait polémique alors que, selon moi, elle est totalement injustifiée. Pour vous donner mon opinion, je vais citer quelqu'un avec qui je ne suis pas toujours d'accord mais dont les avis font toujours réfléchir: Jacques Attali. Il écrit:


 

"En attendant  le résultat de  l’appel,  l’annulation par un tribunal à Lille d’un mariage pour constat de la non-virginité de l’épouse  est une bonne nouvelle pour cette femme et peut le devenir pour toutes les autres.   

Certes, on peut comprendre que beaucoup se soient indignés devant ce qui semble à priori une concession faite aux exigences d’une  tradition religieuse : l’époux se plaignait d’une  tromperie qui aurait été commise  par celle qui était devenue sa femme  sur une « qualité essentielle  de la personne» (cause d’annulation  d’un mariage, selon l’article 180 du code civil)  : elle n’était pas vierge, contrairement à ce qu’elle avait assuré avant leur union.  Pour beaucoup,  en annulant un mariage pour ce motif jusqu’ici jamais retenu, cette décision est problématique. Mais en fait, à mieux y réfléchir,  cette décision est  à l’avantage de la femme  et peut conduire à beaucoup de novations positives :  
 
           

D’une part, cette annulation   permet à la femme de gagner du temps sur ce qu’aurait exigé une procédure de divorce.   En effet, de  deux choses l’une : soit elle souhaitait  cette annulation,  (parce qu’elle a été forcée  de se marier et de se dire vierge ;  ou  parce qu’elle  comprend que son mari,  en exigeant sa  virginité au point de vouloir annuler leur union,   lui promet un destin  moyenâgeux ), et elle doit se féliciter du jugement. Mieux vaut alors  pour elle un mariage annulé, qui  efface ce qui n’aurait jamais du avoir lieu, qu’un divorce aléatoire et pénible.

 D’autre part, si,  au nom de l’article 180 du code civil l, un mariage  peut  etre annulé pour non-respect par l’épouse  d’une condition posée avant le mariage, on rêve de voir le même texte appliqué à l’initiative  d’une femme se plaignant  de voir son époux se révéler,  après le mariage, infidèle ou incapable d’entretenir le ménage, ou alcoolique, ou tyran domestique, ou manquant de   tout autre « qualité essentielle de la personne »  au moins aussi  signifiante  que la virginité.

Il n’y a donc pas lieu de réformer cet article du code , mais au contraire de le retourner et d’en faire un plein usage : celui d’un divorce express  ,  dont ceux qui croient aujourd’hui en être les bénéficiaires seront les principales victimes."


Je souscris parfaitement à ce point de vue, en ajoutant que l'emballement médiatique a atteint son comble quand on en est arrivé à faire croire aux gens que le mariage avait été annulé pour cause de non virginité alors qu'il l'a été pour mensonge.

Cet "événement" a donné l'occasion aux professionnels de l'indignation séléctive de faire vibrer leurs cordes vocales. Chez les Badinter, autant j'ai beaucoup de respect et de considération pour Robert, autant Elisabeth m'insupporte au plus au point. De même, les bêlantes de Ni Putes Ni Soumises (comme si les filles de banlieue n'avaient le choix qu'entre ces deux alternatives également dégradantes pour leur condition de femme...) ont pu occuper l'espace médiatique et justifier des subventions publiques qu'elles touchent pour encourager tous les amalgames que subissent ceux qu'elles disent représenter alors qu'ils ne leur ont rien demandé. L'ignorance l'a disputé à l'excès et une fois de plus, elles ont contribué à une stigmatisation coupable, sans penser une seconde au sort de l'individu concerné au premier chef par l'affaire, à savoir la femme qui voulait se débarasser de son mari. Cette décision ne doit certes pas faire jurisprudence sous peine de créer des affaires de toute pièce. Mais celles et ceux qui veulent réellement défendre la condition des femmes feraient mieux de se battre contre la mentalité rétrograde et hypocrite de la virginité imposée (si elle est choisie, chacun dispose de son corps comme il l'entend), qui entraîne un business de reformation de l'hymen sans que son "déflorage" n'ait toujours pour origine une "approche rapprochée".

Par ailleurs, je ne suis pas suspect d'être un admirateur de Rachida Dati, mais précisément, sur cette affaire, en ayant pris connaissance du dossier et en connaissant la nature de l'enjeu en cause, elle a exprimé un point de vue bien plus respectable et féministe que tous ces pseudos progressistes de droite et de gauche dont le souci premier est de se saisir du moindre élément pour se faire mousser, sans se soucier des conséquences de leur attitude. J'espère à présent que le résultat de l'appel fait par la Garde des Sots :) se soldera par une décision qui permettra à la fois de garantir à la jeune femme une solution acceptable et de poser des garde-fous pour ne pas créer les conditions d'une régression sociale et morale.  

 

Par Grutman
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Lundi 21 avril 2008



On en lit des plus ou moins conneries sur les murs de Sciences Po...
Par Grutman
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Lundi 14 avril 2008

Divers... et variés !




Attention, un beau gosse s'est caché parmi cette rangée de palois... A vous de le trouver !


 
On voit de tout dans le métro...

Par Grutman
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Dimanche 30 mars 2008
Pourquoi pas être plus offensif sur le Tibet ? Rien à perdre, tout à gagner !

Pourquoi pas espérer que l'OM et l'OL se rencontrent l'année prochaine en finale de la ligue des champions ?

Pourquoi pas penser que voir loin évite de se marcher sur les pieds ?

Pourquoi la vache qui rit rit ?

Pourquoi je ris, pourquoi je pleure, pourquoi je vis, pourquoi je meurs ?

Pourquoi, avec des matières si intéressantes, on n'a pas le temps d'approfondir ce qu'on préfère et c'est frustrant ?

Pourquoi ? Pourquoi tu fais ça ? Pourquoi t'es comme ça ? Pourquoi tu veux pas, sortir avec moi, oooooh Vanessa ?

Pourquoi Jérusalem ne sera pas la capitale d'Israël tant qu'elle ne sera pas la capitale de l'Etat palestinien ?

Pourquoi Thierry Gilardi est-il mort si tôt ?

Pourquoi j'aurais aimé être con (mouais mouais) et beau ?

Why "porque" es una palabra cuyo sentido no tiene nada especial ?

Pourquoi ces photos méritent-elles des commentaires ?


 




Pourquoi pas ? A vos commentaires !
Par Grutman
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Vendredi 21 mars 2008

Variations zinsolite

 



Par Grutman
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Mercredi 12 mars 2008

1) Lisons

Echos du salon du livre.

Beaucoup d'écrivains ;-) :

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Nolwenn Leroy

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Laurence Boccolini

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Dédicace à Calinemo: Bixente Lizarazu

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Le professeur Rollin

Mais bon, il y avait quand même des écrivains:

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Régine Deforges

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Marc Levy

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Jean-François Kahn

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Régis Debray

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Un pseudo-philosophe et son rejeton

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François de Closets

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Danielle Mitterrand

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Un dernier écrivain, juste pour le plaisir: Astrid Veillon. Suffit-il d'écrire pour être écrivain ??? Non ! Mais pour être invité au salon du livre, oui.

N'est-ce pas François Léotard et Maud Fontenoy ???

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Et plein d'autres: Philippe Delerm, Azouz Begag, Françoise Fabian, Amélie Nothomb, Patrick Rotman, Pierre Milza, Raphaëlle Bacquet... etc. Je suis reparti avec deux bouquins, je vous laisse deviner lesquels.


2) Elisons

Quelques brefs commentaires sur les scrutins des municipales et des cantonales.



* D'abord la partcipation. Elle a été basse, à la fois en comparaison avec les élections précédentes mais surtout, avec ce qu'elle devrait être pour deux scrutins locaux qui touchent directement et concrètement la vie quotidienne de tous. L'abstention peut être, dans une certaine mesure, significative ; mais il reste que ce qu'on en retient, c'est une démobilisation par rapport aux présidentielles et législatives.

* Sur le sens à donner au scrutin, je pense que c'est autant une sanction de la droite qu'une victoire de la gauche, un vote d'adhésion sur des enjeux locaux autant qu'un vote de mécontentement national. Une fois qu'on a dit ça, on se doit de constater le rapport gauche/droite: 49,5/47,5 aux municipales et 51/45 aux cantonales. La victoire est donc clairement à gauche, avec les symboles de Toulouse, Strasbourg, Reims, Blois et Caen (entre autres), sans oublier les conseils généraux qui passent du côté obscur au côté sinistre (étymologiquement...) comme la Corrèze grâce à François Hollande.

* Un point m'a marqué: l'argument particulièrement peu convaincant d'une partie de la droite qui est, en résumant, "les électeurs ont voté comme ça car ils veulent plus de réformes". Le culot ne leur fait pas peur et pour paraphraser Danton, c'est "de l'audace, toujours de l'audace, encore de l'audace". Qui peut croire sérieusement à ce propos ? Si je suis d'accord avec la politique menée, je vote pour les candidats qui la défendent. Or, si ceux qui la critiquent sont majoritaires, c'est bien que le peuple n'a pas voulu leur donner un chèque en blanc mais transmettre un message. Fillon devrait enlever ses boules quies et Sarkozy utiliser audispray !!! Les explication vote local vs vote national sont défendables mais ne prenons pas les gens pour des idiots. Avec ce genre de déclarations, ils se décrédibilsent totalement. Reconnaître un reflux (ou une défaite, comme chacun préférera), c'est bien plus de l'honnêté que de nier une réalité mathématique.

* Au rayon des bonnes nouvelles, la réélection haut la main de Martine Aubry, la personnalité politique que je préfère avec Strauss-Kahn. Autres bonnes nouvelles: les raclées de Rama Yade et Nadine Morano (qui a été bien récompensée de sa branlée à Toul), sans oublier la victoire du PS dans des bastions communistes après des années de gestion PCF parfois sclérosante (Montreuil), souvent de qualité (conseil général de Seine-Saint-Denis). On plume la volaille du Colonel Fabien, pour le meilleur (le renouvellement) et pour le pire (piétinement du principe de désistement républicain). Seul bémol: la réélection de Gaudin. Pas principalement car il est de droite mais parce qu'il illustre tout ce que je déteste: une gestion clientéliste dans le mauvais sens du terme, une politique de ségrégation socio-spatiale vis-à-vis des quartiers nord de Marseille et un affairisme politico-financier qui ne sent pas très bon du tout. Espérons que la prochaine fois, Jean-Claude soit mis à la retraite d'office !

* Un élément m'a énervé et continue de m'énerver: la critique de la stratégie et du positionnement de Bayrou. Je ne suis pas centriste, le MoDem ne m'attire pas et plus que jamais, je reste fidèle à mes idées. Mais lui tomber dessus systématiquement parce qu'il propose une offre politique innovante est stupide. En quoi est-ce un problème de gérer Bordeaux avec la droite (avec un très bon maire et une personne estimable comme Juppé) et Dijon, Grenoble ou Lille avec la gauche ? Les choix locaux priment et le pragmatisme est tout à l'honneur du MoDem (pardon le Guili Guili, dixit les Guignols lol). Plus sérieusement, il est vrai que cela se fait peut-être au détriment de la lisibilité des choix politiques, qui devra être éclaircie au point de vue national. Mais je crois que Bayrou a raison: le centre ne sera fort et crédible que s'il est indépendant et non pas s'il reste ce qu'il a toujours été jusqu'à présent, inféodé à la droite. C'est une démarche novatrice, courageuse et originale. Sera-t-elle viable ? L'avenir le dira. Au moins, il essaie quelque chose, défend des convictions sincères et fait souffler un vent de recomposition qui aère le paysage politique. Entre les deux tours, on le courtisait. Après le second, on se fout de sa gueule. Un peu de constance ne nuit jamais et plutôt que de ricaner à son propos, la droite devrait entendre le message des Français et la gauche hâter sa reconstruction et sa rénovation sur des base saines: fidélité aux valeurs, adaptation des instruments. 

* Plus généralement, deux petites "réflexions".

- à propos de la réduction du champ des possibles. Ceux qui me connaissent savent que je suis un réaliste et que l'utopisme forcené n'est pas forcément ce qui me caractérise le plus. Cependant, quand on est un progressiste, on ne peut qu'être insatisfait de la réduction de l'horizon politique. Ceci à deux points de vue. Le premier, celui de nature de l'offre politique. Je suis pour une organisation bipolarisante mais pas pour un système bipolaire. Le multipartisme, c'est la respiration de la démocratie. L'atomisation des partis autres que l'UMP et le PS n'est pas une bonne chose à mes yeux, ni pour le pays ni pour ces partis. Ils doivent être suffisamment forts pour que le pays soit gouvernable mais pas hégémoniques pour que le système politique soit représentatif de la réalité de l'électorat. Or, j'ai l'impression que c'est de moins en moins le cas. Second point de vue, le contenu de l'offre politique. Bien sûr, il ne faut promettre que ce que l'on peut tenir. Mais tout de même, qu'est-ce que la politique sinon l'espoir du changement ? Réalisme et pragmatisme ne sont pas dans mon esprit synonymes de politiques timorées et adeptes du consensus mou. Ils sont plutôt les leviers d'une réele transformation, progressive et dans la durée, des conditions de vie des citoyens. La gauche doit donc toujours être ambitieuse, conserver cet espoir de transformation et, tout en étant réformiste, ne pas être gestionnaire d'un système pour un ressenti peu différent de la part des gens. La politique, c'est le changement et l'invention du possible. 

- enfin, le court-termisme et le bougisme ambiants m'agacent. Bien sûr, le "carpediemeur" que je suis pense que dans la vie en général, il faut vivre au jour le jour et profiter des moments présents. Mais en politique, on gouverne pour l'avenir, "gouverner, c'est prévoir". Or, yeux rivés sur les sondages, communication à tout crin au détriment du fond, agitation médiatique plus que recherche de solutions aux problèmes des gens... Tout ceci me semble être le symptôme d'un pays qui se cherche, une société de défiance où tous les moyens sont bons pour persuader plus que pour convaincre. Bien sûr, il y a des aspects positifs dans certains domaines: la logique de pluriannualitré entre de plus en plus dans le champ de l'action publique. Mais où sont les visions de long terme basées sur un projet de société solidaire et fraternel ? Quelles sont les solutions concrètes face à l'agitation et au zapping, qui fait que l'on passe d'un problème à un autre sans le résoudre mais en communiquant dessus ? C'est vrai qu'en ayant élu ce président-là, on encourage ce mouvement latent, qui n'est évidemment pas présent qu'en France. Raison de plus pour que l'opposition d'aujourd'hui, j'espère majorité de demain, agisse de manière inverse: en revenir aux réalités (les chiffres), donner à voir sur la longue période (quels objectifs d'après quel système de valeurs) et montrer l'incohérence injuste et inefficace de l'adversaire (loi TEPA, politique étrangère, politique d'immigration, réforme des retraites...). Vaste programme.

Réagissez, commentez, débattons !!!

Par Grutman
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