Mardi 12 juin 2007

Les résultats du premier tour des élections législatives sont là: les gens s'abstiennent, la droite gagne. Elle aurait, je pense, été en tête de toute façon. Mais pas de la sorte. C'est vieux comme la cinquième République: la droite gagne toujours quand l'abstention est forte, la gauche ou la droite gagnent quand la mobilisation est forte, selon le pouls du pays. Ca s'appelle la démocratie.

C'est pourquoi j'ai appelé cet article "déni d'initié". J'en ai marre de ce petit microcosme parisien politico-médiatique qui confisque la parole au détriment du peuple. TOUT LE MONDE DOIT DONNER SON AVIS. Le programme de Nicolas Sarkozy, légitime car approuvé par 53% des Français avec une forte participation de 85%, devait logiquement être confirmé par un score égal ou légèrement supérieur. Mais avec 46% des voix contre 38% à la gauche, comment comprendre de telles estimations, pourquoi pas 569 députés sur 577 ? Le mode de scrutin majoritaire et l'absence d'une dose de proportionnelle expliquent cet état de fait, mais pas seulement: il faut une participation massive. Le FN, avec 5% contre le double aux présidentielles, n'a même pas un député ! Quelle représentativité ! C'est cela la démocratie ? Non, c'est la Sarkocratie.

J'en ai marre de ces débats de spécialistes, intéressants au demeurant, des journalistes jeunes giscardiens (PPDA), des industriels députés UMP (Le JDD) et des gens qui ne connaissent que leurs intérêts privés... et qui en font le synonyme de l'intérêt général. C'est à chacun de choisir l'avenir du pays, et non pas se désaisir sur "ceux qui savent", "ceux qui ont le pouvoir" et qui agiront à leur place.

Voter est un droit civil, c'est aussi un devoir civique. La République n'est pas un guichet, on doit participer à sa vie démocratique. Je suis pour un vote obligatoire, comme nos amis belges. Ras-le bol des jeunes qui s'abstiennent et qui après, iront se plaindre d'une politique qu'ils n'approuvent pas. Marre de ces catégories moyennes ou modestes qui se laissent abuser par les slogans et qui se réveillent groggy en se disant: on m'aurait menti ?

Alors l'avenir maintenant: les gens de droite voteront UMP. Mais les autres: il faut aller à la pêche ? Se lamenter par auto-flagellation ? Non, voter ! Et qu'on ne me dise pas: je ne sais pas pour qui voter. On a des parents, une famille, des amis, une télé, une radio... on peut s'informer.

Qu'est-ce qu'une démocratie où à peine plus de la moitié des gens prennent la peine de sacrifier un quart d'heure pour décider de leur avenir ? Payer une franchise médicale ou favoriser la prévention pour équilibrer les dépenses, ce n'est pas la même chose. Augmenter la TVA et diminuer les impôts pour ceux qui ont le plus de moyens, ou baisser la taxe d'habitation, impôt injuste socialement et géograpiquement, ce n'est pas la même chose. En un mot, la gauche, le centre, la droite, ce n'est pas la même chose. Les gens de droite vont toujours voter, ce sont de bons citoyens, et ils ont bien raison. Que font les abstentionnistes du centre et de la gauche ? Sans doute doivent-ils se complaire dans une opposition à une politique clivante, inefficace et injuste. 

La politique n'est et ne doit pas devenir une affaire d'initiés, c'est l'affaire de tous. Alors dimanche prochain, votons !

Par Grutman - Publié dans : grutmansuisse
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Vendredi 8 juin 2007

Vue du ponton...

Traversons, traversons...

Arrivons, arrivons, une très jolie ville, écolo en plus...

Ce n'est pas chez Dubosc, mais c'est un resto juste devant le port de plaisance d'Yvoire...

El castel !!!!!!!!

 

Finalement, le soleil a bien tapé, on a bien profité, c'était super !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Par Grutman - Publié dans : grutmansuisse
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Dimanche 3 juin 2007

D! Club:

Après la soirée en boîte, je squatte chez deux amis qui sont en coloc... et qui sont meilleurs que moi aux échecs !

L'Atelier Volant:

Zoooooooooooooooooooooooooooooooooooooooom. L'oeil français rieur, l'oeil sud-coréen, mimi !

Et pour finir, le plus grand rassemblement d'Europe d'étudiants, 15000 étudiants et 14000 litres de bière consommés, même si y'en a qui font plus augmenter la moyenne que d'autres...

Et si vous reconnaissez quel groupe est sur cette photo, bravo ! Mais je suis sûr que vous trouverez...

Par Grutman - Publié dans : grutmansuisse
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Dimanche 3 juin 2007

Chacun connaît mes convictions, mais faites moi crédit de mon absence de sectarisme. Si Sarkozy fait quelque chose que je jugerai bon, je le dirai. C'est mon côté bayrouiste... Certaines choses dites par l'extrême gauche, la gauche du PS, le centre, la droite et même parfois l'extrême droite (c'est beaucoup plus rare, mais ça existe) sont valables et personne n'a parole d'évangile. Même si mes valeurs, mes engagemnts et mes espoirs sont et demeurent socialistes.

Venons-en donc aux fausses bonnes idées:

* Première fausse bonne idée: La fin des droits de succession présentée comme une mesure de justice, signe en réalité le retour fiscal à l'Ancien Régime

L'argumentaire sarkozyste, comme souvent, est clair, simple et a priori tout à fait acceptable: quand on a travaillé toute sa vie, il est normal de pouvoir transmettre le fruit d'une vie à ses enfants. Rien à dire là dessus. Mais quelle est la situation en France ? Aujourd'hui, environ 15% des successions sont soumises à cet impôt, ce qui veut dire (on voit le bachelier S...) que 85% des successions se font sans taxe spéciale payée à l'Etat. Or, le président a dit que, sauf pour les très grandes fortunes, il souhaite que 95% des successions soient exonérés. Même aux Etats-Unis, plus libéraux tu meurs, les impôts de succession sont beaucoup plus lourds (pour une fois) que chez nous. Ce qu'on nous prépare, c'est donc un retour avant 1789, au temps des privilèges, où ceux qui ont un patrimoine s'enrichissent sur le dos de l'écrasante majorité des gueux du Tiers-Etat. Je trouve cela dangereux, injuste et inefficace.

Dangereux, car cela va représenter un manque à gagner pour l'Etat de 40 milliards d'euros sur 5 ans, avec la dette et les dépenses nécessaires qui sont celles de notre pays, c'est une recette dont on a bien besoin.

C'est également une mesure injuste car ceux qui vont le plus en bénéficier ne sont pas les couches populaires, qui n'en paient pas. Ni les couches moyennes ou moyennes supérieures qui en paient peu. Ce sont ceux qui ont un gros patrimoine, tant mieux pour eux, qui vont moins contribué à la solidarité nationale et générationnelle. C'est humain qu'individuellement, certains veuillent payer moins d'impôt. Mais le choix politique n'est pas un choix égoïste, c'est un arbitrage entre des intérêts individuels et l'intérêt général, ou en tout cas de la majorité de la population.

C'est enfin inefficace car sous couvert de redonner de l'argent aux gens, on favorise les rentiers au détriment des entrepreneurs qui prennent des risques et qui ont investi pour créer de l'emploi. C'est favoriser l'économie de la rente contre l'économie de la production. Quelqu'un qui a plusieurs résidences et qui tire sa richesse de ses résidences sera favorisé par rapport à celui qui a mis son argent dans une entreprise. Pour relancer l'économie, les rentiers seraient donc plus efficaces que les entrepreneurs... ?

* Deuxième fausse bonne idée, L'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne: un refus politique qui cache une méconnaissance ou vision moisie de l'Histoire et des préjugés encore prégnants dans notre société.

Je fais volontiers crédit à Sarkozy d'être plus malin que Le Pen ou Villiers qui expliquent que la Turquie est musulmane, donc non européenne. Et il est futé de présenter son Union de la Méditerranée, une bonne idée soit-dit en passant, comme une alternative à l'adhésion turque et comme un bon compromis par rapport à un partenariat privilégié. Mais ses arguments n'en sont pas moins inconséquents à mes yeux, à l'exception d'un qui peut avoir une pertinence mais qui me paraît insuffisant pour dire non.

Cet argument est le suivant: ceux qui veulent de la Turquie dans l'Union Européenne sont les ennemis de l'Europe politique. Ce sont ceux qui ne veulent pas d'approfondissement de la construction éonomique, mais qui souhaitent que l'Europe soit, ou reste, un grand marché et seulement cela. Et de citer Bush, Blair et d'autres qui soutiennent l'entrée de ce pays, même appelé par certains le "cheval de Troie américain". Ce n'est pas totalement faux mais plusieurs remarques: cet argument n'est pas partagé par tous les défenseurs de l'entrée de la Turquie qui, nombreux, veulent une Europe politique, une Europe sociale et une Europe démocratique, avec la Turquie. Ensuite, les promoteurs d'une vision uniquement économique de l'UE n'ont pas besoin de la Turquie: ils ont déjà gagné puisque l'Europe d'aujourd'hui est conforme à leurs desseins. Enfin, c'est faire insulte aux Turcs que de penser que l'unique raison de leur souhait d'adhésion serait (même si elles jouent) les pressions internationales (US notamment).

Plus fondamentalement, ce qui me choque, c'est soit l'ignorance, soit la mauvaise foi tellement répandue qu'elle est devenue la norme, et qui amène à dire que la Turquie n'est pas "européenne". D'abord, il faudrait qu'il y ait accord sur ce qu'est l'identité européenne. Mais même si on prend ce qui est largement admis, l'héritage grec, l'Empire Romain et le Christianisme, le compte est bon. Où se trouve en dehors de la Grèce les principaux restes architecturaux et autres de l'empire d'Athènes: en France, en Suède, en Autriche... en Suisse ? Non, en Turquie. Jusqu'où s'étendait l'Empire Romain: en Laponie ? En Lituanie ? Non, en Turquie. Quelle était la capitale de l'Empire Romain d'Orient ? Constantinople, l'actuelle Istambul. Où était la vitalité chrétienne quand Rome s'est effondré sous l'effet des "invasions barbares" ? Chez les Vikings, les Vandales, les Slaves ? Non, dans l'Eglise Romaine d'Orient, dont la basilique Sainte-Sophie de Constantinople était le plus grand monument.

Pour en revenir à des périodes plus contemporaines, l'Empire Ottoman c'était quoi ? Et bien c'était la Turquie jusqu'à Vienne en Autriche. La Hongrie chère à notre président, la Bulgarie, les Balkans, c'était l'Empire Ottoman dont la Turquie est le desendant direct. Pendant la Première Guerre Mondiale, quand l'Empire Ottoman combattait aux côtés de l'Allemagne et de l'Empire Austro-Hongrois, comment le surnommait-on ? L'homme malade de l'Asie ? L'homme malade de l'Asie Mineure ? Non, l'Empire Ottoman était connu de tous comme "l'homme malade de l'Europe". Je ne développerai pas non plus la laïcité à la turque qui est plus proche de la France que notre pays ne l'est de l'Anglicanisme de SM Elisabeth II, ou le cléricalisme encore puissant en Espagne et en Italie. L'histoire de la Turquie est donc, que ça nous plaise ou non, européenne. Pont entre Orient et Occident. De toutes les manières, le coeur de l'Europe c'est quoi . C'est la Méditerranée. Le coeur religieux, c'est la Palestine (Jésus etc...). Le coeur politique, c'est l'Empire Romain des deux côtés de la Méditerranée. Le coeur philosophique, c'est la Grèce Antique. Le coeur scientifique, c'est les échanges Occident / Monde Musulman qui ont suivi les Croisades et ont permis la Renaissance en Europe. Le coeur architectural, c'est le syncrétisme espagnol, le gothique de l'Europe du Centre, l'influence arabe en Italie jusque dans les monuments d'aujourd'hui. Le coeur culturel (alimentation, système de valeur, patriarcat...), c'est la Méditerranée. L'héritage judéo-chrétien, c'est la Méditerranée et l'est de l'Europe. Je n'ai rien contre nos zamis lettons, suédois (GRÜT) ou finlandais, mais toute l'Histoire de l'Europe, de la France en particulier (de la colonisation à la francophonie), elle est au sud de l'Europe.

Quant à l'argument géographique, 90% du territoire turc en Asie, sa pertinence est toute relative. Qui contestera que la Russie a une histoire européenne, alors qu'elle a des frontières avec la Chine et le Japon ? Et l'argument religieux: qui pense que l'Espagne, dont les Arabes et les Juifs ont été chassés en 1492, n'est pas européenne ? Que visite-t-on en Andalousie ? L'Alhambra, la Giralda... Et ces noms, Banderas, Almodovar, d'ascendance arabe, et ces mots en espagnol, en français et en italien ? Comme le dit le chercheur américain TJ Johnson, si l'Histoire religieuse et littéraire de l'Europe est judéo-chrétienne, l'Histoire scientifique est culturelle est largement islamo-chrétienne.

Mais de toute manière, même si la Turquie est effectivement ET musulmane ET européenne, ce n'est même pas la question. L'Europe n'est pas un club chrétien, ce n'est pas une organisation à visée culturaliste. C'est un choix de valeurs (la démocratie, l'économie sociale de marché, les libertés), auquelles on doit souscrire et se conformer pour adhérer. Sans rentrer dans les détails, c'est ce qu'on appelle les critères de Copenhague qui régissent les conditions préalables à l'entrée. Aujourd'hui, la Turquie n'est pas prête. Peut-être le sera-t-elle dans dix ans, dans quinze ans ou plus. Et de toute manière, nous serons consultés par référendum pour accepter ou non. Quel est donc le sens d'en faire une affaire politicienne ? A quoi bon claquer la porte au nez de ceux qui veulent moderniser leur pays face à ceux qui promeuvent un retour en arrière ? Mais surtout, et c'est plus sérieux, Nicolas Sarkozy sait très bien qu'il ne peut pas déjuger la parole de la France. Depuis les années 60 (en pleine Guerre Froide, quand la péninsule ibérique était encore gouvernées par deux dictatures), les Turcs sont en pourparlers, menés en bateau parfois, soutenus à d'autres moments. La parole d'un Etat, et de tous ceux de l'Union, on ne s'asseoit pas dessus comme sur une cuvette de WC. Et les derniers événements ont montré que pour faire passer son traité simplifié, Notre Président a mis en sourdine son opposition à l'entrée de la Turquie.

Pour en terminer avec ça, je pense que ce débat est révélateur des peurs irrationnelles de notre société. Islam, terrorisme, voile, Turquie, autant de questions amalgamées dans l'esprit de beaucoup qui mériteraient d'être clarifiées. Mais la peur de ce qui n'est pas comme soi a toujours été un argument efficace pour mener des batailles politiques. Ces amalgames généralisés font oublier quelques éléments très simples:

- l'Islam est, comme toutes les religions, partagée entre des tendances réactionnaires et progressistes. Les barbus n'ont rien à envier aux évangélisateurs américains qui nient Darwin ou aux ultra-orthodoxes juifs qui prônent la poursuite de la colonisation des territoires occupés au Proche-Orient. Et il existe des musulmans, des chrétiens et des juifs pieux, tolérants et respectueux de la foi ou de l'absence de foi d'autrui.

- le terrorisme est toujours meurtrier pour des innocents. Mais n'oublions pas qu'aujourd'hui, qui sont les principales victimes en nombre du terrorisme islamiste ? Ce sont au Maghreb, à Bagdad, en Afghanistan et au Proche-Orient...  des musulmans ! Des musulmans qui, comme les personnes mortes à New-York en 2001, à Paris en 1995 ou à Londres et Madrid en 2003, n'ont rien demandé à personne.

Donc pour en finir avec la Turquie, si on ne pense pas qu'elle soit non européenne du fait que ce soit un pays musulman, et qu'on admet qu'elle souscrira un jour aux critères d'adhésion, je ne vois pas pourquoi ni comment on peut être contre.

* Troisième et dernière fausse bonne idée: la déduction des intérêts de l'emprunt pour l'achat d'un bien immobilier

Là c'est plus compliqué parce que plus qu'une fausse bonne idée, c'est une bonne fausse idée. Bonne parce que certains personnes qui sont loin d'être milliardaires vont en bénéficier. Donc tant mieux pour eux s'ils économisent un peu de ce qu'ils doivent rembourser en intérêts d'emprunt.

MAIS il y trois MAIS:

- d'abord, la façon dont la mesure est vendue. On nous dit qu'l s'agirait de faire un France de propriétaires, sous entendu notre pays ne l'est pas. Or, nous sommes dans la moyenne européenne: c'est 60% chez nous contre 42 en Allemagne, 53 aux Pays-Bas, 72 en Italie et plus de 80 en Espagne (ce qui s'explique par le fait que ce sont des pays plus ruraux). Donc en réalité, la France n'est pas une anomalie, et si on regarde les pays scandinaves, exemplaires à bien des égards (économiques et sociaux), chez eux, c'est le mouvement inverse vers la location et les changements de domicile qui s'observe.

- ensuite, et c'est là le plus important pour moi, cela fait croire que le principal problème de la France en termes de logement est l'accession à la propriété, ce qui est un mensonge. En effet, la question cruciale c'est l'accès au logement et la qualité du logement. 600 000 personnes n'ont pas de logement décent et 3 millions de Français sont considérés comme des "mal-logés". Favoriser l'accession à la propriété de locataires qui le souhaitent, très bien. Mais la priorité, ce doit être la réhabilitation des logements existants et la construction de nouveaux logements sociaux, comme le prévoit la loi SRU pour la mixité sociale.

- enfin, question monnaie, c'est pas une très bonne idée. Le gouvernement chiffre la mesure à 10 milliards d'euros pour l'instant, certains experts vont jusqu'à 30 milliards sur le quinquennat (autant que les 35 heures !!!!!!!!!!!!!). Le budget de l'Etat peut-il se permettre ce type de dépense ??? Et puis dans un contexte de flambée des prix de l'immobilier et de spéculation, cela va encourager encore (comme s'en frottent les mains les agences immobilières mais pas les gens qui ne peuvent plus se loger car c'est trop cher, à Paris et en Ile De France notamment mais pas seulement) l'augmentation des prix. Que les gens qui louent s'enrichissent, c'est légitime. Mais quand il n'y aura plus de locataires, ou que les gens ne trouveront plus à se loger à un prix abordable, on fera comment ? Une France propriétaire... de taudis et de cartons ?

J'attends vos réactions à ces trois "fausses bonnes idées"...

Par Grutman - Publié dans : grutmansuisse
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Mercredi 30 mai 2007

Avant...

Le voyage en train Lausanne-Yverdon

Je ne sais pas très bien ce que je raconte (ni ce que je semble mesurer...), mais je me souviens que Sylvain découvre Echoes... et il aime bien !!!

 

 

 

 

Bienvenue à Yverdon, dans un château transformé en musée... qui s'est transformé en salle de spectacle où quatre "improvisateurs" devaient... improviser sur le thème de "le public est constitué d'esprits qui doivent faire revivre l'existence des comédiens". C'était vraiment super !!!

 

Et voilà, c'est fini ! Tout le monde il s'en va, tout le monde il en a pris plein les yeux et les oreilles, et tout le monde il a bien rigolé grâce au talent des comédiens-improvisateurs !!!

Par Grutman - Publié dans : grutmansuisse
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Mercredi 23 mai 2007

Petite vulgarisation d'un ignorant qui en apprend tous les jours.

Idée reçue n°1:

Pourquoi les entreprises occidentales ferment-elles ou se délocalisent-elles ? Mais parce que les charges sont trop élevées, les salaires trop haut et les rigidités du marché du travail trop importantes répondent Notre Président et les zélateurs du néolibéralisme ! Un exemple pour comprendre que cet argument est inexact. Dans le cadre d'un cours à l'Université, j'ai dû lire un texte sur la mondialisation, d'un économiste américain, j'étais motivé !!! Mais je ne regrette pas d'avoir ingurgité ces 20 pages.

Ce chercheur prend l'exemple de l'industrie de l'acier aux Etats-Unis. Cette industrie florissante dans la Manufacturing Belt des Trente Glorieuses a périclité du fait de la concurrence allemande et japonaise, ensuite on a accusé les "maux" sus cités d'en être à l'origine. Or, il démontre que:

1) le différentiel de salaire au moment où l'industrie de l'acier était florissante se trouvait être équivalent sinon supérieur à ce qu'il était au moment de la désindustrialisation de l'acier aux Etats-Unis. Donc ça n'a pas empêché les Etats-Unis d'être les leaders, dans un marché concurrentiel, avec des salaires élevés relativement au Japon et à l'Allemagne (sans parler des pays du Tiers-Monde)

2) L'Allemagne, qui a supplanté les Etats-Unis, avait une fiscalité plus élevée, des syndicats plus puissantes et une économie coordonnée entre partenaires sociaux (toutes choses que fustigent Friedeman et ses hériters zélés). Elle aurait dû selon la logique dominante ne pas pouvoir faire face à la concurrence US et du Sud. Or, ce n'est pas ce qui s'est passé. Pourquoi ?

3) Parce que qui fait la valeur d'une entreprise, son avenir et sa pérénnité, ce sont les investissements en formation, en recherche et en développement. Alors évidemment c'est à moins court terme que le CPE ou le service minimum, mais c'est ça qui explique le cas américain. En effet, alors que chez nos zamis nippons et teutons, les entreprises avaient considérablement modernisé leurs structures, innové dans des processus de fabrication et de transformation moins coûteux et plus performants, la production d'acier aux Etats-Unis s'est retrouvée (c'est un comble !!!) rouillée, en décalage avec les performances de ses concurrents. Ce n'était donc ni la fiscalité, ni les salaires, ni les rigidités du marché du travail (déjà moindres qu'ailleurs) qui expliquent la désindustrialisation et la relocalisation de la production d'acier.

Evidemment, ce n'est qu'un exemple et il n'est pas généralisable à toutes les situations. Mais il montre que la vision néolibérale est non seulement à court terme, mais surtout idéologique car elle ne prend pas en compte la rélaité économique. Alors que la vision social-démocrate, qui encourage les financements publics et privés qui favorisent la formation et le secteur de la RD, est plus efficace économiquement et investit dans le capital humain plutôt que de montrer du doigt des boucs émissaires qui ne sont pas les vrais responsables des phénomènes économiques (suivez mon regard...)

Idée reçue n°2

Le régime iranien est un régime horrible, anti démocratique, intégriste et une menace pour la région.

Que les choses soient claires: il ne s'agit pas de faire de ce pays un exemple, et de dire que c'est l'eldorado. Mais après avoir porté certains faits à votre connaissance, votre opinion évoluera peut-être, sans doute j'espère.

Petite mise en contexte: le régime actuel, abusivement dit des "mollahs", est en place depuis la Révolution Islamique de 1979. L'ancien dirigeant, le Shah d'Iran, soutenu par les Etats-Unis, régnait de manière dictatoriale sur un pays pillé par lui et ses alliés. L'ayatollah Khomeiny qui arrive au pouvoir en 1979, après un exil en France, mène la révolution qui agrège tous les opposants: marxistes, libéraux et religieux qui tous trois étaient pourchassés par l'ancien pouvoir. Une fois à la commande de l'Etat, il commence par faire des réformes sociales pour contenter les mécontentements et mène la guerre contre l'ennemi laïc, l'Irak de Saddam Hussein, soutenu par les Etats Occidentaux et les pays Arabes. L'Iran est encerclé d'Etats hostiles et malgré les milliers de morts et l'enlisement du conflit, sort gagnant relatif de la guerre. Voilà pour l'Histoire.

Quels sont les reproches faits au régime actuel ?

Ce serait un régime théocratique prônant un Islam intégriste. C'est effectivement un régime qui tire une de ses légitimités de la religion, l'utilise aux fins de se maintenir, mais c'est paradoxalement ce régime qui a achevé la sécularisation de l'Etat. En effet, quand Khomeiny était Guide Suprême, seul un mollah pouvait être au pouvoir. Maintenant, comme l'illuminé actuel Ahmadinejad, ce peut être un laïc, ou en tout cas un civil. Certes, la religion y garde un poids normatif fort, une norme sociale prescriptive, mais elle n'est ni plus intégriste ni plus omniprésente en Iran que parmi l'entourage du président Bush.

Ce serait aussi un régime qui opprimerait les femmes. Certes, les libertés ne sont malheureusement pas les mêmes qu'en France mais contrairement à une idée répandue, elles ne sont pas obligées de porter ni le voile, ni tout autre habit du type burqa ou quoi que que ce soit. En outre, dans le pays, le voile est plus vécu comme un outil identitaire que comme un référent religieux, ce qui est confirmé par le fait que des femmes très pieuses ne le portent pas et que des femmes peu ou non pratiquantes le portent, par obligation ou par choix selon les cas. Ce n'est pas une situation figée, les choses évoluent selon les contextes: on a observé un retour du voile pendant la guerre contre "l'impie voisin irakien", et un reflux de son port par l'occidentalisation des moeurs, surtout parmi les catégories favorisées. En outre, la condition des femmes s'est considérablement améliorée par rapport à ce qu'elle était en 1979, alors qu'elle a régressé dans d'autres pays et qu'elle a mis beuacoup plus de temps pour le faire dans nos pays majoritairement chrétiens, même si on est encore loin de l'égalité réelle. En tout cas, elles ont le droit de vote comme tout le monde, la proportion de femmes au Parlement est plus élevée qu'en France, et surtout, chose inimaginable auparavant, elles ont accès à des postes qu'elles ne pouvaient même pas imaginer sous le Shah. Ainsi, la compagnie Iran Airlines a de nombreuses pilotes féminines, autant sinon plus que British Airways ou Air France. Pour elles, le voile a été le moyen d'accéder à des postes desquels elles étaient disqualifiées aupravant pour cause de patriarcat qui le leur interdisait. Donc il ne s'agit pas de dresser un portrait idyllique de la condition féminine: trop encore de mariages forcés et de femmes battues. Mais il s'agit de voir que le régime a, selon les cas, entériné des changements positifs dans la société, et a même favorisé favorisé certaines de ces évolutions qui sont un sévère démenti aux simplismes du genre "ces-barbus-islamistes-barbares-qui-musèlent-leurs-femmes-et-les-ramènent-au-Moyen-Age".

Concernant maintenant la question du nucléaire iranien et de la relation avec Israël, on nous présente généralement un Etat qui menacerait la paix et représenterait une menace pour la planète. Tout d'abord, l'Iran a signé le traité de non prolifération, n'a donc pas droit au nucléaire militaire mais peut avoir accès au nucléaire civil. D'ailleurs, l'idée de Ségolène Royal (contrairement à Sarkozy, Strauss-Kahn, Chirac, Bayrou ou Fabius) de lui interdire cet accès est non seulement une ânerie politique, mais la violation du traité de non prolifération qui en échange de cette signature, autorise l'énergie nuléaire civile. Demander à un partenaire du traité de renier sa propre parole, c'est quand même pas mal ma chère candidate pour qui j'ai voté ! Maintenant, quant aux déclarations tonitruantes et inadmissibles du zozo Ahmadinejad appellant à "rayer Israël de la carte", non seulement c'est une ânerie sur le fond, mais en plus il n'en a pas les moyens. Et en plus, s'il en avait les moyens, je doute qu'il en ait la volonté. il n'en a pas les moyens car l'armée israélienne est la plus puissante de la région (Israël, comme le Pakistan et l'Inde, s'est doté clandestinement et illégalement de l'arme atomique) et surtout, dans l'hypothèse ou l'Iran l'attaquait, il y aurait riposte immédiate des Etats-Unis, et on sait que le nucléaire dans tout ça, c'est la destruction mutuelle assurée. C'est un conditionnement par la peur auquel on assiste, qui sert des intérêts politiques sur le dos des populations concernées. De plus, politiquement, les harangues contre Israël lui sont bien trop utiles, c'est un grand classique de l'Histoire: en focalisant l'attention du peuple sur un soi-disant ennemi extérieur dangereux, on fait taire momentanément les antagonismes, on oublie les problèmes locaux et les conflits d'intérêts nationaux. Un président ultra-conservateur comme l'actuel joue sur le nationalisme et le patriotisme contre la société civile progressiste et les autres politiques plus libéraux au sens politique qui se battent politiquement contre lui. Donc ses rodomontades verbales ne doivent laisser dupes personne (même si l'embrigadement populaire est assez impressionant), ,i effrayer personne, sauf ceux qui ont intérêt à se faire peur ou à faire peur en l'utilisant  à des fins politiciennes. D'ailleurs, probablement que Bush, s'il n'était pas embourbé dans le bourbier irakien, sans doute aurait-il depuis longtemps lancé une "croisade" contre "l'Axe du Mal" iranien qui abrite comme nous le savons tous (comme en Irak...) des armes de destruction massive, des cellules terroristes d'Al Qaeda (eux qui sont sunnites, les ennemis jurés des mollahs chiites...), qui financent le terrorisme international (le contraire de ce que faisait les USA qui armaient Ben Laden contre les Soviétiques en Afghanistant, avant que leur jouet ne se retourne contre eux et ne leur explose à la figure) et surtout, des gigantesques champs de pétrole dont il serait bien commode de mettre la main dessus pour sécuriser ses approvisionnements... Propagation de la démocratie, quand tu nous tiens !!! 

Donc autant sur la nature du régime, aue sur la condition des femmes, ou sur le "danger" nucléaire et régional, vous voyez que les choses sont moins simplistes que ce que veulent bien nous montrer la majorité des médias. La réalité est plus nuancée et le manichéisme entre "eux" et "nous" mériterait d'être abandonné, car si leur situation est globalement moins enviable que la nôtre, on a encore nous aussi des progrès à faire en matière de régime, de droits réels des femmes et de pacifisme mondial.

Idée reçue n°3

La Suisse est un pays riche peuplé de Johnnys exilés fiscaux. La Suisse est un pays riche, oui. il y a beaucoup d'éxilés fiscaux, oui. Mais voici quelques réalités méconnues sur le pays de Heidi, du chocolat, du fromage, des banques, des montres, de Federer e Hingis... et des Suissesses !!!

- c'est un pays extrèmement inégalitaire, plus que la France. Le niveau de vie moyen y est plus élevé que dans l'Hexagone, mais l'écart entre les plus riches et les plus pauvres y est supérieur. La richesse d'un pays n'a d'ailleurs jamais signifié la richesse de ses habitants. Ce qui compte, c'est la distribution des richesses à l'intérieur du pays.

- le fait que le pays soit constitué de trois grandes régions linguistiques et culturelles n'est pas un obstacle à l'identité nationale (suivez mon regard...) ni à la cohésion politique. Ca reste d'ailleurs pour moi un mystère inexpliqué, mais au dela des différences, des clichés, des rivalités, des rancoeurs entre Romands Francophones, Alémaniques germanophones et tessinois italophones, le pays a un sens pour les Suisses. Malgré l'oeil tourné vers chacun des grands voisins, la France, l'Allemagne et l'Italie, cela n'est pas un obstacle à l'avenir du pays et au sentiment commun d' appartenance à une Nation.

- ce n'est pas un pays fermé et rétrograde. Certes, le dernier canton qui l'a fait a donné le droit de vote aux femmes dans les années 1980. Certes, il existe l'UDC, parti xénophobe et populiste à la Le Pen. Certes, la droite est structurellement majoritaire et ce qu'on appelle ici le "bloc bourgeois" (patronat, partis politiques et groupes de pressions de droite) est dominant. Mais c'est un pays où les gens que j'ai eu l'occasion de rencontrer, de milieux divers, de droite ou de gauche, sont pour la plupart ouverts, fiers de leur pays mais respectueux des autres. La Suisse compte 20% d'étrangers (sans les clandestins), pour info, en France c'est 8%. C'est un pays qui a une démocratie directe très imparfaite et impossible à l'échelle française, mais qui rapproche les décisions des citoyens. Donc le cliché lalalaïtou, ovomaltine, les vâches et tout le tintouin a une réalité... mais c'est un cliché !

- enfin, ce n'est pas que le pays où les friqués viennent s'emmerder et gaspiller leurs deniers. C'est un pays au patrimoine riche, aux paysages variés et magnifiques, et où si on est jeunes et qu'on a de l'argent, on vit très bien (moi aussi, j'veux êt' riche lol !!!!!) et il y a plus de choses à faire que de temps pour le faire. il y a une mentalité du respect de l'environnement, une vie nocturne et culturelle très développée à Zurich, Lausanne ou Genève. La montagne, le sport, la mer (les lacs) donnent une qualité de vie que l'on ne retrouve pas dans d'autres pays. Quelqu'un qui a réussi sa carrière réussira plus facilement sa vie, les gens sont globalement moins stressés et plus réfléchis, même si bien sûr il y a de tout comme ailleurs.

Au delà du contenu de chacun de ces trois groupes d'idées reçues, méfions nous de nos préjugés ! C'est normal, on en a tous. Mais moins d'ignorance, c'est plus de compréhension des réalités et des zots zhumains comme nous. Par ce billet, préjugeons moins. Et jugeons plus sur pièce !

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Mercredi 23 mai 2007

Chacun choisit sa voiture préférée...

Alors, chacun cherche son choix... ?

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Jeudi 17 mai 2007

Petit voyage dans le canton italophone du Tessin... c'est juste magnifique !!!

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Mardi 15 mai 2007

Un bateau devant le jet de Genève (plus de 180 mètres)

Un grutman devant le jet

La ville de Rousseau et de Calvin:

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quelle heure est-il ? Mais lisez sur les fleurs ! Et après, un petit café sur l'île JJ Rousseau:

Genève est la plus française des villes suisses, et en tout cas, même si la vie y est vraiment trop chère, c'est une très jolie ville où, quand les moyens peuvent suivre, il doit être agréable de vivre.

 

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Jeudi 10 mai 2007

Eh bien oui, deux articles en un !!!

1) note humoristico-sérieuse:

Pour ceux qui n'arriveraient pas à tout bien voir, le maître c'est Bush, il tient en laisse Blair et le caniche Sarkozy accourt vers lui. Et je crois que tout le monde aura apprécié le contenu de la bulle...

2) Du futur au présent

* Retranscription du discours du premier secrétaire du Parti de la Justice et de la Solidarité, prononcé lors du congrès d'investiture du PJS, le 11 setembre 2021:

" Chers amis, chers camarades,

Je voudrais d'abord vous remercier d'être là tous rassemblés, en ce jour que nous espérons tous ferment de tant de belles choses à venir. Je vous renouvelle mes remerciements pour votre appui, les 69% de vos suffrages que j'ai recueillis me font chaud au coeur et m'impose le devoir de ne pas vous décevoir, avec optimisme, comme toujours.

Mais la situation est grave. Dans moins d'un an, en mai prochain, nous élirons le prochain président de la République. Cela fait maintenant près de 15 ans que le président Nicolas Sarkozy Nagy de Bocsa dirige notre pays, avec le succès que nous lui connaissons. Certes, il nous a battus aux élections de 2007, 2012 et 2017 mais cette fois-ci, en 2022, nous vaincrons. J'en ai la ferme volonté.

Ségolène en 2007, Dominique en 2012 et Mamadou en 2017 n'ont pas démérité, et ils ont, chacun à leur façon, bâti la maison du renouveau. Mais ce que je vous propose, chers amis, chers camarades, c'est un autre chemin. La fin des apparences et la social-démocratie du réel.

Tout d'abord, vous souvenez-vous d'un obscur philosophe qui déclarait en 2007 que la gauche perdait car elle se droitisait ? Vous souvenez-vous de ce sieur Onfray, qui pour montrer qu'il était plus irréprochable que les autres, refusait de voter Royal ou même de voter, par ce vote, contre Sarkozy. Vous le savez, il est redescendu dans les tréfonds de l'Histoire desquels il n'aurait jamais dû sortir. Non que ce ne soit pas un homme de conviction, mais qu'il préfère ses convictions à l'avenir de son pays.

C'est pourquoi, chers amis, chers camarades, je vous dis: n'écoutez pas ces oiseaux de mauvais augüre, ils veulent notre perte. N'écoutez pas ceux qui pensaient que le camarade Dominique en 2012 était trop à droite, alors qu'il a fait au pouvoir pour les plus modestes, quand il était ministre, bien plus qu'Onfray et ses continuateurs par leurs loghorées. N'écoutez pas ceux qui disaient que le camarade Mamadou en 2017 était un archaïque, eux qui pensaient et pensent encore, s'ils pensent toujours, que renier ses valeurs fait office de cache-sexe à leur misère idéologique. Et n'écoutez pas non plus ceux qui crachent sur le bilan des gauches au pouvoir depuis 1936: ils préfèreraient sûrement vivre dans un pays sans syndicats, avec la peine de mort, sans CMU ni RMI, avec des pouvoirs concentrés dans quelques mains. Pour cela, excusez-moi, ils y vivent déjà grâce à notre ami Nicolas. Mais c'est qu'ils ont sans doute oublié la décentralisation et le PACS, la parité et les droits des salariés. Et j'en oublie tellement. Non, ne les écoutez pas. Ecoutez les critiques constructives, de nos amis comme de nos adversaires. Tendez l'oreille aux conseils avisés, de nos alliés comme de nos ennemis. Mais ne vous laissez jamais démonter par les peurs, les égoïsmes et les ignorances.

A ce stade, je ne peux continuer sans vous parler de manière plus personnelle, moi qui suis, comme le savent ceux qui me connaissent le mieux, pudique et mystérieux. En tant que candidat de notre Parti de la Justice et de la Solidarité, je dois vous dire ma fierté et ma reconnaissance. Fierté d'abord. Fierté qu'un enfant des quartiers populaires de Poitiers, qui doit tout à l'école de la République et qui espère le lui rendre au centuple, puisse servir d'exemple à des milliers de jeunes et de moins jeunes qui, dans leurs vies, se disent pour diverses raisons (origines sociale, géographique, culturelle): "non, ce n'est pas pour moi". Fierté enfin que vous ayez su vaincre toutes les préventions qui ont pesé sur vous, que toutes sortes de personnes ont chuchotté à votre oreille. Vous avez compris qu'après 15 ans de sarkozysme, s'il y avait un risque, ce n'était pas de me désigner mais de continuer encore pendant cinq ans avec le même.

Je souhaite vous faire part également de ma reconnaissance. Reconnaissance que vous me témoignez pour ces années de militantisme, sincère, opiniâtre et combatif. Reconnaisance que vous me témoignez comme preuve de vos espoirs futurs, du symbole que cela représenterait moins d'un siècle après les décolonisations, et alors que ni nous ni la droite n'avons été capables de faire élire un autre type de symboles, une femme, à la magistrature suprême. Reconnaissance plus personnelle enfin, à mes parents, à ma femme, à mes trois enfants, à mes amis, à tous ceux qui ont croisé ma route et qui m'ont rendus meilleur. Je me rappelle que jeune parolier, j'écrivais pour un groupe d'amis le texte suivant:  "On n'se reconnaît que par l'Autre. De chaque moi se faisant l'apôtre. Et l'on se juge par le miroir. Déformant de sa propre histoire. Et le bonheur, c'est aussi ça. Comprendre c'qui fait que l'on est soi. Que sans les autres l'on est rien. Qu'un humain de plus ou de moins". Aujourd'hui plus que jamais, je garde présent à l'esprit ces mots de jeunesse. Face aux maux auxquels nous devons faire face, je n'entends pas faire campagne pour un je, ce n'est pas un jeu. C'est une campagne de nous, un nous solidaire, tolérant et respectueux.

Et dans ce nous, je n'oublie pas les figures illustres qui nous ont précédé. Je pense à Clemenceau, qui au plus fort de la Grande Guerre, quand tout semblait perdu, fit trembler d'émotion le Parlement en parlant de la "France, hier soldat de Dieu, aujourd'hui soldat de la démocratie, toujours soldat de l'idéal". Je pense à Clemenceau. Je pense à Blum, attaqué comme jamais un grand homme ne l'a été, et à cette  fameuse phrase d'un député qui n'est pas resté fameux: "La France, ce vieux pays gallo-romain, est aujourd'hui gouvernée par un Juif". Lui qui sut si tôt voir dans le communisme le totalitarisme quand d'autres y voyaient un idéal de justice, lui qui ne fit pas partie de ceux qui, élus, devant l'immensité de la tache, renonçaient  déjà et s'apprêtaient à décevoir. Je pense à Blum. Je pense à De Gaulle, ce catholique conservateur qui lava l'affront de la collaboration avec le nazisme. Celui qui sut donner à la France toute sa place, résister quand peut-être nous aurions été de la si grande majorité des Français silencieux. L'homme de courage, de grandeur et d'honneur. Je pense à De Gaulle. Je pense aussi à Mendès-France, à Mitterrand, à Jospin, qui tous ont tant apporté à notre Nation. Et, bien sûr, je pense à Ségolène, Dominique et Mamadou  que j'aperçois dans la salle, et sans qui rien n'aurait été possible aujourd'hui. On ne construit rien à partir de rien, et je suis fier de pouvoir me retourner vers le passé pour en tirer des enseignements et construire un avenir meilleur.

Je voudrais vous dire pour terminer, avant de laisser la parole à monsieur François Bayrou que je remercie malgré sa fatigue d'être venu jusqu'à nous, deux dernières choses. La première, c'est que face à un Sarkozy triomphant comme jamais, qui a derrière lui une grande partie des médias et des personnalités les plus influentes de notre pays, nous pouvons et nous devons gagner. Nous le pouvons car il laisse un pays déchiré, exsangue et inquiet. Endetté, fracturé et affaibli. Divisé, ingérable et inégalitaire. Comme notre pays ne l'a jamais été. Nous pouvons donc gagner. Mais surtout, nous le devons. Pas pour nous seulement, mais surtout pour tous ceux, dans notre pays et ailleurs sur la planète, qui espèrent que ce trop long règne va enfin s'achever. Le même qui prétendait qu' "ensemble tout devient possible", que "La France est celle de tous" et qu'il faut "continuer pour réussir", nous demande maintenant d'acquiescer à son "Chemin nouveau pour la France". Laissez-moi vous dire que tous, socialistes, écologistes, progressistes, centristes, républicains, nous devons nous lever contre cette nouvelle imposture qui ferait encore tant de mal aux trois mots de notre devise.

La deuxième chose que je voudrais vous dire, c'est que face à un tel enjeu, nous ne pouvons pas penser à nous. Pas de querelles d'égo, de calculs sur l'avenir, de spéculations sur le présent. Non. Tous unis nous serons, tous unis nous gagnerons. Parce que le pays veut le changement, parce que nous ferons tout pour le lui amener, construisons ensemble une France où "l'humanisme intégral" triomphera. C'est à cela que je vous invite, à l' "humanisme intégral" qui seul pourra cesser de tirer notre pays vers le bas. 

J'ai conscience de l'immense travail qui nous attend, et je crois qu'avec vous, j'y suis prêt. Je vous fais le serment de me battre autant que je le peux, et je sais pouvoir compter sur vous pour cela. La France compte sur nous, ne l'oublions pas et comptons sur elle. Vive la République, et vive la France ! "

Par Grutman - Publié dans : grutmansuisse
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